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Maison de maitre, Calagovière

Site et monument historiques, Patrimoine historique, Maison, XXe siècle à Marignane
  • Maison du XIXe siècle : la villa Calagovière figure parmi les plus belles réalisations provençales relevant de l’art des rocailleurs.

  • Situés au quartier du Moulin et Calagovière, la villa et son jardin font face à l’angle nord-est de l’ensemble immobilier du Parc Camoin.

    Cette demeure remarquable est implantée sur un terrain peut-être connu dès le Moyen Âge comme celui du Mûrier, à proximité d’une léproserie. L’actuel nom du quartier, dérivé de « cacalaus » ou escargots, évoque l’humidité d’une terre irriguée par les canaux du ruisseau de Font-Marignane, anciennement creusés pour le grand jardin du château.

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    Situés au quartier du Moulin et Calagovière, la villa et son jardin font face à l’angle nord-est de l’ensemble immobilier du Parc Camoin.

    Cette demeure remarquable est implantée sur un terrain peut-être connu dès le Moyen Âge comme celui du Mûrier, à proximité d’une léproserie. L’actuel nom du quartier, dérivé de « cacalaus » ou escargots, évoque l’humidité d’une terre irriguée par les canaux du ruisseau de Font-Marignane, anciennement creusés pour le grand jardin du château.

    Tout aussi pittoresque que son toponyme, la villa Calagovière figure parmi les plus belles réalisations provençales relevant de l’art des rocailleurs.
    Bâtie dans la seconde moitié du XIXe siècle, elle a appartenu aux familles Olivier, Béranger, Camoin et Delplanque.

    Si sa façade principale demeure sagement classique, ses côtés nord et sud offerts au regard des passants multiplient les trompe-l’œil en ciment, puisant à des sources aussi éclectiques que l’art maniériste de la Renaissance, les curiosités rococo du XVIIIe siècle ou la plus récente architecture néo-gothique du XIXe siècle. Les façades latérales sont ainsi habillées de faux bardages, ouvertes de fausses fenêtres cantonnées de faux volets entrebâillés ou branlants, l’une étant même animée par un linge négligemment pendu à une cordelette. Le tout s’abrite sous une toiture à croupettes, bordée de rives de bois découpés et de consoles. L’attention se focalise sur un personnage sculpté et accoudé à la fenêtre du pignon sud. S’agit-il d’un oiseleur cachant sa main et sa prise sous le revers de son veston ?

    On ne connaît malheureusement pas les auteurs de ces illusions maçonnées dont un certain nombre d’artisans italiens installés à Marseille se sont fait une spécialité. Le mystérieux occupant à la fenêtre rappelle en tout cas le même subterfuge adopté en 1877 sur une maison de Châteauneuf-lès-Martigues.

    On rencontre d’autres œuvres de rocailles à Marignane, notamment au cimetière Saint-Joseph.

    Source Patrick Varrot, historien d’art - Février 2021


    La maison ne se visite pas mais on peut la voir de l'extérieur.