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Village des Pêcheurs

Site et monument historiques, Patrimoine historique, XXe siècle à Marignane
  • Anciens cabanons de chasse au bord de l’étang de Bolmon.

  • Le village de l’Estéou (« récif » en provençal) rassemble une dizaine de cabanons à l’embouchure du vallat de la Cadière.

    Proche de l’antique villa Papia, le quartier était connu sous le nom de Saint-Pierre jusqu’en 1818 au moins, en l’honneur du patron des pêcheurs à qui une chapelle était dédiée au XIIe siècle.
    S’y étendait aussi à proximité un « arénier » ou sablière alimentant de nombreux chantiers de construction, notamment pour les enduits.

    Le site a attiré de nombreux...
    Le village de l’Estéou (« récif » en provençal) rassemble une dizaine de cabanons à l’embouchure du vallat de la Cadière.

    Proche de l’antique villa Papia, le quartier était connu sous le nom de Saint-Pierre jusqu’en 1818 au moins, en l’honneur du patron des pêcheurs à qui une chapelle était dédiée au XIIe siècle.
    S’y étendait aussi à proximité un « arénier » ou sablière alimentant de nombreux chantiers de construction, notamment pour les enduits.

    Le site a attiré de nombreux photographes vers 1900, venus saisir le pittoresque de ces abris de pêcheurs, de bergers et chasseurs, d’architecture camarguaise, cabanes de roseaux dits « sagne » sur charpente de bois.
    Au XIXe siècle, la plupart appartenaient à des bourgeois marseillais venus chasser la macreuse.

    Des cabanons de planches ou de briques blanchis à la chaux sont apparus vers 1910 et se sont généralisés à partir de 1919, répondant au développement des loisirs après la guerre.

    Dans les années 1930 ont émergé les hangars à bateaux sur potelets de bois, couverts de roseaux puis de tôle. Y étaient déchargées les pêches alimentant les parties de cabanon en fritures de cabassons, bouillabaisses d’anguilles et grillades de mulets.

    Pratiquée depuis l’antiquité, la pêche et le ramassage à pied y ont en effet toujours constitué une ressource précieuse. On pratiquait des techniques de pêche nocturne « au lamparo », un feu allumé à l’arrière d’une barque attirant le poisson harponné à l’aide d’une « fouine ».

    Depuis les années 1780 au moins, et jusqu’aux alentours de 1980, s’organisait ici la battue aux foulques, oiseaux aquatiques aux pattes à doigts lobés lui permettant aussi bien de marcher que de nager, dits « folca » en ancien provençal. A l’approche de Noël chaque année, elle était annoncée tout autour de l’étang de Berre et jusqu’à Marseille. Les règles de la battue étaient strictes, limitant le nombre d’occupants des barques à un ou deux rameurs, et un ou deux chasseurs. Un numéro d’ordre était tiré au sort, fixant la position obligatoire des barques. On ne pouvait tirer le gibier rasant l’eau. Les embarcations devaient ensuite converger vers un point unique, après un signal donné par le directeur de chasse, afin de faire le partage des prises tombées à l’eau.

    On peut visualiser une scène de chasse aux foulques sur un ex-voto du XIXe siècle conservé à la chapelle Notre-Dame de Pitié, et des clichés de battues du XXe siècle au musée Albert Reynaud.

    Aujourd’hui apprécié pour son Aire des cygnes, l’Estéou constitue une des étapes de la Balade des familles reliant la rive de l’étang de Bolmon à celle du canal du Rove.

    Source Patrick Varrot, historien d’art - Février 2021